[Test] Gungrave G.O.R.E : C’est Grave, docteur ?

Retour dans le passé, plus précisément en 2003. Développé par Red Entertainment et édité par Sega, la saga Gungrave raconte les aventures d’un certain Grave, revenu d’entre les morts pour se venger. Au passage, la licence aura droit à son adaptation en animé de 26 épisodes, distribuée chez nous par Dybex. Puis l’année suivante, une suite sortira appelée Gungrave Overdose… Puis plus rien. Jusqu’en 2018 où un 3ème épisode, développé par le studio sud-coréen IggyMob, fut annoncé. Le développement fut si compliqué qu’il fut reporté pour enfin atterrir dans les sacoches de Prime Matter. De retour en 2022, plus précisément le 22 novembre, date de sortie de Gungrave G.O.R.E. Après l’avoir fini, je n’ai qu’une chose à dire : qui a bien pu valider tout ce mic mac en se disant que ça passerait large ?

Test et screenshots réalisé à partir d’une Version PS5 physique et commerciale, fournie par Plaion France, que je remercie encore et toujours pour leur confiance. Possible présence de spoils.

Gungrave Gore commence par un résumé des 2 précédents opus. Les gentils, les méchants, les intentions des uns, les envies des autres puis lance son sujet. On incarne Grave, revenu d’entre les morts afin d’aller faire la peau à la mafia, qui distribue une drogue assez puissante appelée Seed. Le scénario tient sur un timbre poste et malheureusement là où d’autres JV de l’ère PS3-360 pouvaient s’en sortir haut la main avec ce genre de point faible, Gungrave GORE accuse déjà le coup avant même de commencer, puisqu’il ne sait même pas expliquer son point de départ scénaristique. Rien, nada, peau de balles. On se retrouve donc à incarner un personnage qui ne parle pas du tout (mais genre pas du tout), derrière les lignes ennemis et vas y qu’on se bat. Très bien, on fait sans explication du pourquoi du comment, on se dit que le jeu se récupère soit plus tard, soit au travers de son gameplay… Sauf que très vite, j’ai compris à quelle entourloupe j’allais me faire gober tout rond.

Un mot sur la partie scénario avant de lancer les vraies hostilités. Celle-ci est inexistante. Pas de scénario, pas de narration, pas de mise en scène, pas de justification scénaristique, encore moins de « liant » entre les personnages, c’est littéralement les « gentils » contre des « méchants ». De plus, tous les 2 mètres, on a une des copines du personnage qui lui ordonne littéralement d’aller ici, ou là, de faire ci et de faire ça, de sauter par là, de passer en haut, en bas et ainsi de suite… Si au début, on se dit que c’est pour éviter de se perdre, à la longue, je n’avais qu’une envie, c’était d’en finir. Avec le jeu mais aussi avec ma vie d’ailleurs. Donc la partie scénario, je ne vais pas y aller par 4 chemins : c’est zéro. Non seulement, je n’ai absolument rien compris au peu de scénario qu’il y avait, mais en plus, Gungrave Gore le raconte tellement mal que j’ai lâché l’affaire vers le niveau 6-7 (sur les 31 que compte le jeu) et décidé d’enchaîner les niveaux sans ne plus me poser la moindre question que ce soit.

Le gameplay donc. Le scénario est parti prendre le café ? Je me rabat sur le gameplay. Sauf que là encore, la « magie » opère 2 niveaux puis s’évapore. Le gameplay de Gungrave est une catastrophe absolue et ne procure aucune sensation, autre que celle des vibrations de la DualSense. On avance dans un couloir, on tire, on avance dans un nouveau couloir, on déclenche soit notre furie, notre une de nos 4 attaques spéciales, on avance dans un autre nouveau couloir, on tire, on finit le niveau, on va faire un tour au labo pour pourquoi pas s’acheter une compétence ou de quoi renforcer la vie, l’armure ou les dégâts que l’on fait et c’est tout. Les sensations manette en main sont aux abonnées absentes, on s’enquiquine et fin de l’histoire. De plus, ne vous attendez pas à avoir la possibilité de changer d’arsenal en route, puisque ce n’est pas le cas, on a l’immense chance d’avoir la même arme du début jusqu’à la fin. Pensé comme une sorte de Devil May Cry like, sachez que vous pouvez faire et refaire à l’envie les niveaux comme cela vous chante et ce dans la difficulté que vous voudrez entre facile, normale, difficile et enfin Gore. De mon côté, je l’ai fini en facile en un peu plus de 11-12 heures, qui pour le coup, m’en ont paru 30, tant j’en suis ressorti totalement refroidi par ce que je venais de jouer. Les décors sont les mêmes, d’une destination à l’autre, on fait toujours la même chose dans les mêmes couloirs ou presque, encore et encore.

Dernière chance : le bestiaire. On se dit que peut être, les ennemis en face sauront nous divertir… Hé bien non. Au bas mot, Gungrave Gore ne compte que 5-6 mobs différents et encore, je pense que je suis large. Si je ne rentrerais pas dans les détails pour les ennemis en fin de jeu, ceux de la mafia que vous aurez à vous farcir sont certainement des recastés des castings des films de Quentin Tarantino. Entre les fuck, les motherfucker, les « kill ya » et d’autres, ils n’ont aucune autre conversation. Pour le bestiaire donc, là encore, c’est déjà oublié pendant l’écriture du test. Décidément.

Côté graphismes, si sur PS5, Gungrave Gore tourne en 4k60fps (je suis le premier étonné) sans aucun ralentissements (je vous assure), mis à part ses cinématiques, Gungrave Gore est d’une laideur sans nom. Pas plus, pas moins. Certes, je sors de God Of War Ragnarok, mais quand même, Gungrave Gore est moche et ne se démarque même pas dans une quelconque Direction Artistique, partie se casser une cheville on ne sait où. Côté bande son, on a le droit à du hard rock de bas étage qui se laisse écouter (mention bien pour le générique de fin) mais qui se paye le luxe de n’être que des mini clip de 30 secondes, qui se relance quasi immédiatement une fois son affaire finie (je vous jure que je n’invente rien). Bref, là encore, comme une impression de se faire prendre pour un benêt par un jeu qui ne mériterait que de finir 6 pieds sous terre. Techniquement parlant, je n’ai rien à dire de particulier. Pas de freezes, pas de ralentissements, aucun bug à vous rapporter, fort heureusement d’ailleurs.

Il essaie de communiquer, je le voit bien, mais c’est incompréhensible :/

Je finis donc par vous donner mon avis. Gungrave Gore est un ratage absolu, sur toute la ligne. Ce qu’il entreprend, il le rate avant même de vouloir le tenter. Pas de scénario, pas de justification scénaristique quant à ce qu’il se passe, pas de développement de ses personnages, Grave ne s’exprime jamais, laissant les autres faire la discussion, une discussion inintéressante d’ailleurs, puisqu’à aucun moment le récit n’invite le joueur à s’y intéresser et fait son affaire. Je me suis dit, en cours de route, que ce n’était pas si grave et que le jeu se rattrapera dans son gameplay mais là encore, Gungrave Gore se prend les pieds dans le tapis et ne nous offre aucune émotion autre que celle de profondément s’ennuyer manette en main. Bref, si vous cherchez un beat them all en cette fin d’année, ce n’est pas auprès de Gungrave Gore que vous aurez la monnaie de votre pièce.

Ce que j’ai aimé :

  • Quand est apparu le saint générique de fin, alléluia

Ce que j’ai moins aimé :

  • Un personnage principal muet comme une tombe, qui ne dégage rien d’autre qu’une indifférence généralisée (je suis persuadé que même lui ne sait pas ce qu’il fout là !)
  • Un scénario nanardesque, incompréhensible, inaudible et inexistant
  • Une durée de vie d’environ 11-12 heures, qui m’en ont paru le triple
  • Une bande son sous forme de clip de 30 secondes qui se relancent juste après un léger « blanc », le respect s’est fait refaire un nouveau trou de balle
  • De toute évidence, la narration s’est fait défenestrer…
  • …Le gameplay l’a de toute évidence suivi peu après
  • Graphiquement indigne des capacités de nos machines old et current gen
  • Vendu beaucoup trop cher (60 balles) pour un résultat aussi… argh j’ai plus les mots en fait

Son appréciation

Je m’attendais à beaucoup de choses avant de lancer Gungrave Gore mais pas à ce résultat « là ». Gungrave Gore n’a certes pas la prétention de vouloir révolutionner son monde mais il n’a aucune prétention au final. Il ne propose rien, il n’a rien à dire, rien à nous faire ressentir, rien à nous mettre sous la dent en terme d’action ou même d’un personnage principal qui sent le charisme à 10 bornes à la ronde. Rien, que dalle, niet, peau de balle. Cela fait quand même (très) cher pour un titre qui ne nous aime pas et qui ne s’aime même pas lui même. Bon, à la limite, il est dans le Game Pass, ça amoindri le risque. Et si vraiment il vous fait de l’œil, attendez que son prix soit au ras des pâquerettes (celles posées au pied de la tombe de Grave).

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