[Test] God Of War Ragnarok : la sagesse d’un Triple A, la grandeur d’un studio

En 2018, Cory Barlog et son studio Santa Monica Studio ont frappés un énorme coup avec God Of War. Transportant Kratos dans la mythologie nordique et assigné d’un fils nommé Atreus, le bébé du studio avait alors réussi l’impossible : se réinventer, tout en maintenant une sorte de continuité dans la folle histoire du fantôme de Sparte. Nous sommes en 2022 et sa suite est disponible depuis quelques semaines déjà. Et avant de vous dire tout ce que j’en pense, sachez une chose : que God Of War Ragnarok m’a surpris. Même énormément surpris.

Test et screenshots réalisés à partir d’une Version PS5 dématérialisée, fournie par PlayStation France que je remercie infiniment. Garanti sans spoils.

Le Platine

Le Test

Trois ans viennent de s’écouler depuis les événements (et les révélations) survenus à la fin de God Of War. Atreus, fort de ses nouvelles connaissances ne compte pas s’arrêter là. Malheureusement, il est retardé dans sa course par la protection de son père, Kratos, et le Fimbulvetr, l’hiver annonçant le Ragnarok. Et pour lancer cette suite, son introduction se lance dans un plan séquence absolument dantesque qui se finira en apothéose. Mais Gow Ragnarok n’en a pas fini avec nous pour lancer son début, que je juge tonitruant, étant donné l’enchaînement de moments spectaculaires, rien qu’en 2-3 heures de jeu. Vous parlez de cette suite sans rentrer dans le spoil n’est pas évident. Mais sachez que son écriture, sa narration, sa mise en scène, sa direction artistique et sa générosité dans son scénario sont d’une totale et incontestable réussite pour mes yeux. Mais là où God Of War Ragnarok réussi son coup, c’est dans la profondeur de ses propos mais aussi dans l’état d’esprit du studio lors du développement de ce second opus.

Au travers de ses nombreux dialogues que comptent le jeu, ceux de Kratos plus particulièrement étonnent. Et m’ont fait réfléchir plus d’une fois durant mes très nombreuses sessions sur le titre. Je souhaiterais vraiment entrer dans les détails et vous raconter en long, en large et en travers mon interprétation mais ce serait vraiment vous gâcher le plaisir de la découverte. God Of War Ragnarok est bien plus qu’un simple JV d’action-aventure/beat them all, il est aussi une fresque vivante et intelligente qui nous questionne en permanence sur les propos qu’il tient, mis en bouche par son casting de personnages de par et d’autres de la scène. Kratos, Atreus, Mimir, Sindri, Brok, Freya et d’autres que je tais volontairement afin de là encore, vous laissez la surprise. Tout n’est pas noir ni blanc dans la vie et Gow Ragnarok va nous le rappeler à maintes reprises d’une façon plus qu’intelligente au travers de sa quête principale mais aussi de ses nombreuses quêtes secondaires que je vous conseille de faire.

God Of War Ragnarok est une claque à plusieurs niveaux dans son scénario mais il n’oublie pas son gameplay. Celui-ci est identique au premier opus. A l’aide de la hache léviathan, d’un bouclier et d’autre choses que je tais volontairement, vous vous retrouverez dans des combats plus que jouissifs. Mais aussi très technique, pour peu que vous augmentiez la difficulté. Pas plus, pas moins. La prise en main et le gameplay sont identiques par rapport à God Of War, ce qui permet aux réflexes de revenir très vite et nous remet immédiatement dans le bain. De plus, l’aspect RPG fait toujours partie du voyage, avec cette fois-ci plus de possibilités, même si je trouve qu’il est beaucoup trop mis en avant. De plus, pour une suite, repartir à zéro en terme de niveaux, d’équipements et de compétences est une très mauvaise idée puisque le début de GOW Ragnarok est une continuité, pas une remise à zéro.

Du côté des graphismes, ceux-ci sont magnifiques, mais alors que nous sommes sur PS5 (et en 60 FPS sans broncher), je n’ai pas noté de réelles différences par rapport au premier opus (fait sur PS4 fat et sur PS4 Pro). Néanmoins, là où GOW Ragnarok en met plein les mirettes, c’est dans ses décors, tous plus fabuleux les uns que les autres, mais aussi dans les expressions des visages, criants de vérités, exprimant une palette d’émotions, de la joie, à la tristesse, de la colère à la contrariété. Côté technique, j’ai joué à Gow Ragnarok dans le mode 60 FPS sans aucun souci particulier à vous rapporter. Pas de freezes, pas de ralentissements, tout s’est très bien passé. Mention très bien à la prise en charge par le studio des possibilités de la DualSense, ce que je n’avais pas vu depuis Returnal. Néanmoins, j’ai trouvé les chargements lors des changements de monde un peu longuet (une poignée de secondes) durant l’aventure, mais ils s’améliorent dans le end game, j’avais envie de vous en parler, puisque, certes, ce n’est pas si grave mais je m’en suis fait la réflexion durant mes va et viens en vu de décrocher le platine.

En ce qui concerne la bande son, Bear McCreary fait une nouvelle fois des merveilles. Entre thèmes épiques et surpuissants et mélodie douce et discrète, l’OST de de GOW Ragnarok est une réussite. Mention très bien au doublage français, qui, une fois de plus, fait des étincelles. Mais aussi au Main thème du jeu, que je trouve épique, puissant et inoubliable.

God Of War Ragnarok n’est pas qu’une simple aventure. C’est une épopée, une occasion pour le studio de nous raconter certaines choses que je trouve remarquable pour un Jeu Vidéo et un AAA. Les thèmes et les sujets soulevés dans ce GOW Ragnarok méritent le respect mais aussi son écoute. Parce qu’il soulève des propos fort bien dit avec l’art et la manière, God of War Ragnarok surprend mais n’oublie pas de conjuguer ses propos intelligents avec des combats brutaux, féroces et addictifs. Ce qu’il fait, il le fait bien, ce qu’il dit, il le dit avec les honneurs.

Il aurait pu n’être qu’une suite pour simplement n’être qu’une suite et pourtant, il surprend. Dans le sens où on aurait pu se dire qu’avec le premier opus, tout avait été dit, tout avait été montré. Cela aurait pu être le cas mais GOW Ragnarok nous démontre le contraire et se permet de nous parler de choses « inédites » dans le paysage vidéoludique, du moins à mon sens, bien évidemment. Quand j’ai lancé ma première partie sur Gow Ragnarok, il est vrai que j’ai trouvé son rythme un peu au ralenti mais plus j’avançais dans l’aventure, plus je me suis rendu compte que je ne le lâchais pas, comme si je m’appropriais l’aventure que je vivais comme étant la mienne, comme si les compagnons qui nous accompagnais devenais les miens, les ennemis en face devenaient mes ennemis. Les enjeux me forçait à intervenir, le destin qui se jouaient en face de moi devait être changé par nul autre que moi. C’est à mon sens, l’un des maitres mots d’une aventure. Etre investi dans des évènements qui nous forcent, d’une certaine manière, à devoir nous investir en personne, ce que je n’avais plus ressenti depuis… Rise of The Tomb Raider (pour rester dans le genre, du moins). A des degrés différents bien entendu, God Of War Ragnarok étant plus profond, plus « humain », plus organique que le titre de Crystal Dynamics.

« Tu la connais la blague du petit déjeuner ? »

J’ai accompli l’aventure principale en environ 45-50 heures. J’aurais pu m’arrêter là, écrire ce test et passer à autre chose mais… Ce n’est pas ce que j’ai fait. Je ne voulais pas lâcher mon aventure et j’ai donc décidé de décrocher le Platine. Ce que j’ai réussi à faire en 58 heures. En soit, le Platine de God Of War Ragnarok est facile. Mais il est long et exigeant. Long pour les collectibles en tous genre et le reste des missions secondaires, exigeant pour 2 boss : le Roi Hrolf Kraki (et ses 12 sous fifres qu’il faudra battre et croyez moi, ils sont tous ou plus moins chaud patate, surtout le combat contre Svipdagr et les Sœurs d’Illska, qui est sans doute l’un des 2 combats les plus difficiles de ce endgame) et la reine valkyrie Gna. Si pour la seconde, c’est passé comme une lettre à la poste, j’ai dû m’y reprendre à une dizaine de fois avant que cela passe pour le roi, qui se permet d’être une synthèse de toute les attaques de ses 12 copains, rassemblés en un seul boss. En terme de comparaison avec la reine Valkyrie du premier opus, j’affirme sans sourciller qu’il est bien plus fort et plus redoutable, puisque sa barre de vie est plus grande, ses coups font plus mal et son pattern est aléatoire et ne suit aucun schéma établi. J’ai dû revoir mon équipement dans les moindres détails, avoir une stratégie d’attaque et de défense bien défini, ce qui me fait dire que sur son aspect RPG, le jeu ne fait pas les choses à moitié et on sent que le studio à cogiter énormément sur les stratégies offertes aux joueurs et aux joueuses. Je finirais donc par dire que si la partie combat de boss vaut le coup de manette, celle sur les collectibles commence doucement (mais sûrement) par être lassante, et ce, quelque soit le JV. Il faut que l’industrie réfléchisse à supprimer cette partie des JV qu’elle propose à la vente, parce qu’à force, cela devient redondant. Néanmoins, ceux de Ragnarok sont plutôt bien placés et servent à être revendu derrière afin de récupérer de l’or nécessaire pour des achats, ce qui est plutôt pas mal.

Enfin, ce que je pourrais lui reprocher, je vais être franc avec vous : en fait, rien. Si durant mon aventure, j’ai un peu pesté sur l’absence du mode photo, sa disponibilité dans une mise à jour sortie pendant mes sessions à réglé cet écueil que j’avais. Mis à part son aspect RPG beaucoup trop poussé (selon moi), je n’ai pour ainsi dire pratiquement rien à retenir de vraiment négatif. Je suis au courant des défauts que les gens énoncent à son endroit mais je ne partage pas ces avis là. Beaucoup trop long à se mettre en place dans ses premières heures ? Cela ne m’a pas gêné personnellement, tant j’ai été absorbé manette en main. C’est un God Of War 1.5 ? Je ne m’attendais pas à ce que l’excellent gameplay du 1er change drastiquement mais soit approfondi ou propose plus de choses que dans l’opus précédent, c’est le cas ici. Graphiquement identique au premier ? Il se « rattrape » par son 60 FPS et la DA de ses décors, tous plus magnifiques les uns que les autres. Je n’avais pas de réelles attentes et ce que j’ai vécu dans mon aventure m’a comblé et offert ce que j’exige depuis Cyberpunk 2077 : une expérience inoubliable, qui resterais en tête une fois la console éteinte. Tout comme God Of War, God Of War Ragnarok est un chef d’œuvre forgé par des amoureux, pour des amoureux du JV. On y vit plus qu’une Aventure avec un grand A. On y vit une Epopée que l’on prend pour personnelle, avec la ferme attention de vouloir intervenir personnellement dans des événements qui nous dépasseraient en temps normal. Pour finir… Vivement la suite Santa Monica Studio ! Et merci pour ce moment incroyable de Jeu Vidéo que je viens de vivre.

Ce que j’ai aimé :

  • Une écriture, une narration et une mise en scène incroyable !
  • Une profondeur dans ses propos surprenante !
  • Une aventure que j’ai vécu comme si c’était la mienne avant tout
  • Un gameplay toujours aussi brutal
  • Des personnages qu’on aime pour les uns, que l’on déteste vraiment pour les autres
  • Techniquement irréprochable
  • Le mode photo qui est sorti durant mes sessions
  • La prise en charge de la DualSense : exemplaire !
  • Une accessibilité qui force le respect
  • Un Platine que j’ai aimé accomplir 🙂

Ce que j’ai moins aimé :

  • Un aspect RPG beaucoup trop poussé selon moi
  • Des collectibles qui commencent doucement par être rébarbatif, peu importe le JV
« J’ai appelé la PETA, ils m’ont dit que j’avais le droit de monter sur le canapé »

Son appréciation

En lançant God Of War Ragnarok pour la première fois, je m’attendais à vivre une aventure similaire au premier opus en terme de qualités comme de défauts. Sauf que cette suite va beaucoup plus loin que ça. Non content de m’avoir fait vivre une Aventure, pardon, une Epopée, God Of War Ragnarok à des choses à dire et le dit avec une intelligence sans commune mesure. De plus, il se permet l’outrecuidance d’être plus que solide dans ses autres secteurs, comme ses graphismes, son écriture, sa Direction Artistique, sa narration et sa technique en béton armé. Des œuvres vidéoludiques comme God Of War Ragnarok, je souhaite en dévorer tous les jours, tant elles me rappel à quel point le JV peut être quand il le veut bien. Merci Santa Monica Studio pour cet immense voyage aux confins des contrées nordiques, où les dieux peuvent être aussi comme des humains comme vous et moi.

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