[Test] Soulstice : le meilleur du pire du beat them all ?

Devil May Cry, Dante’s Inferno, Bayonetta ou encore God Of War, chacune de ces œuvres a façonné le genre du BTA à leur manière. Et maintenant, un petit nouveau entre dans l’arène : Soulstice. Réussira t’il à marquer de son sceau le genre dans lequel il boxe comme ses aînés ? La réponse est oui, mais pas comme il aurait souhaité le faire…


Test basé sur une version PS5 dématérialisée, fournie par Just For Games, que je remercie infiniment pour leur confiance.

Derrière Soulstice, se cache Reply Game Studio, un studio de développement italien, basé à Milan, auteur de 2 productions AA : Joe Dever’s Lone Wolf, un RPG et Theseus, une expérience VR. Cette fois, pour leur troisième JV, le studio s’est dit qu’il allait s’attaquer à un genre devenu bien timide ces dernières années : le Beat Them All.

Des suites d’une longue guerre entre les démons et un mystérieux ordre religieux, celui ci crée alors l’Ordre de la lame cendrée, qui amène aussitôt la paix sur Terre. Sauf que rien n’est éternel en ce bas monde et quelques centaines d’années plus tard, une nouvelle faille s’ouvre au dessus de la ville d’Ilden. L’Ordre y envoie une petite garnison de chimères, ses meilleurs soldats, dont Briar et Lute. C’est ainsi que débute Soulstice, avec une ouverture ultra spectaculaire, qui m’a scotché, mais qui ne présageait en rien le bordel qui allait suivre…

En ce qui concerne le scénario, même si il ne faut s’attendre à rien, j’ai été agréablement surpris. C’est bien écrit, avec une mise en scène minimaliste mais qui fait le travail, aidé par une narration elle aussi minimaliste mais efficace, le tout pensé en chapitres, 25 pour être précis, le tout porté par un duo d’héroïnes attach(i)antes que l’on suit avec un plaisir certain. Les événements que l’on vit à leur côtés restent eux aussi intéressants à suivre et je n’avais de cesse que de voir ce qui allait se passer par la suite.

Pour ce qui est du gameplay, Soulstice est donc un BTA à l’ancienne, c’est à dire qu’il s’inspire (très) largement du premier Devil May Cry dans sa construction des niveaux et dans sa vue caméra. En ce qui concerne la prise en main, il n’y a rien de vraiment neuf à se mettre sous la dent mais tout est réfléchi et pensé en amont. Par exemple, Briar se battra avec 7 armes différentes, utiles dans certaines situations, alors que Lute, qui jouera le rôle de support est avant tout là pour vous assister et vous aider autant dans les combats que dans les énigmes environnementales avec ses 2 champs de force : le bleu pour l’évocation et le rouge pour le bannissement. De plus, Briar aura droit à une petite transformation pas piquée des hannetons, déclenchables dans les combats sous conditions, qui fait littéralement basculer ce dernier en notre faveur. J’allais oublié, mais si Briar n’a pas à proprement parler d’arbre de compétences, c’est Lute qui se voit offrir cet insigne honneur, là où Briar pourra se voir acheter des combos pour ses armes diverses, ainsi que des objets de soin. De plus, sachez qu’un aspect scoring est de la partie, vous récompensant de vos efforts après chaque combats et entre chaque niveaux, et ce dans un certain nombre de difficultés, de très facile à très difficile, avec une forte composante au niveau de la re jouabilité.

Je finis le tour du propriétaire par la DA, que je trouve somptueuse, tant ses inspirations sont diverses, de Berserk à Claymore, de Dark Souls à Devil May Cry premier du nom, la DA de Soulstice interpelle les amateurs et amatrices de dark fantasy à n’en point douter.

Si le tableau que je vous dresse de Soulstice est alléchant sur le papier, c’est qu’il l’est. Mais seulement sur le papier. Parce que manette en main, Soulstice est purement et simplement une catastrophe à tous les niveaux. Je pèse mes mots parce que je n’ai jamais vu autant de maux dans un seul JV, qu’il soit A, AA ou AAA. J’ai bien senti tout l’amour qu’à le studio pour le genre bien particulier du BTA mais accoucher d’un résultat pareil en 2022, c’est tout simplement une honte absolue et fait (et fera) un mal sans précédent à un genre qui mérite pourtant un retour sur le devant de la scène. Tout d’abord, l’un des plus gros problèmes de Soulstice, c’est sa caméra. Que ce soit dans les combats, où on ne voit rien, qu’on fixe un adversaire ou non, ou bien une fois en exploration, la caméra n’aime ni son jeu, ni son joueur. Pendant les combats, 90% du temps, l’action est illisible, du au trop plein d’ennemis qui font n’importe quoi, on a limite l’impression d’être à une manif de la CGT, le barbecue en moins. De plus, les niveaux, dans leur construction et dans leur environnements sont répétitifs et générique au possible. Quand bien même, j’arrive aisément à me repérer sans problème dans n’importe quel dédale, je pense à celles et ceux ayant le sens d’orientation d’une poule. Mesdames, messieurs, bienvenue en enfer !

Au niveau de la durée de vie, j’ai fini Soulstice en une quinzaine d’heures, 15 heures qui m’en ont paru 45, tant Soulstice est inutilement long pour par grand chose. Ca s’étire, encore et encore et une fois qu’on arrive à un certain moment bien précis du scénario, on se dit que c’est bon, on a fini, la délivrance, libéré, délivré… Et bien non ! Hop, reparti pour 5 derniers chapitres où on va cracher du sang par hectolitres. J’ai même fini torse nu dans mon salon pour être en Ultra Instinct, oui mesdames ! J’ai bien conscience d’être extrême dans ma comparaison mais moins que le jeu dans sa capacité à vous épuiser dans ses combats. En ce qui concerne, l’aspect purement graphique, j’ai joué à Soulstice en 60 fps et je me dois de vous dire qu’il ne fait pas du tout honneur aux capacités de la PS5, encore plus quand on pense qu’il ne prend pas en charge les options de la DualSense. Il aurait pu sortir sur PS2, sans aucun soucis donc. Néanmoins, je précise qu’en terme technique, j’ai essuyé plusieurs ralentissements plus ou moins importants dans les combats les plus (sur)chargés, là on doit faire face à un nombre beaucoup trop importants d’ennemis. De plus, j’espère pour vous que vous n’êtes pas épileptique, parce que Soulstice regorge de combats où les lumières scintillent et fusent de partout, un peu comme si nous étions en boîte d’Europe de l’Est, les bonnes choses en moins (comprenez par là les madames de joies). Je finis par vous parler du fait que Soulstice ne se démarque en rien de ses prédécesseurs et ne fait que réciter une leçon qu’il a très bien apprise, par cœur, mais qu’il s’arrête à ça. Vous me direz, c’est pas plus mal, surtout dans une ère aussi médiocre que la nôtre.

Oui, c’est bien la caméra qui se moque de nous, dans la joie et la bonne humeur 🙂

Nous sommes donc en 2022 et Soulstice aurait pu très bien sortir en 2005, tant il nous renvoie des années en arrière, une habitude que prend les productions indé afin de camoufler leur incapacité à (se) renouveler dans leur mécaniques de gameplay et ne font pratiquement rien d’autres que des choses dont on voit et revoit d’années en années, que j’aurais tôt fait d’oublier une fois la console éteinte. J’ai failli oublié : Soulstice est édité par Modus Games (qui a édité Cris Tales ou In Sound Mind). J’ai donc un peu de mal à croire que le résultat que j’ai vu manette en main serait dû à un manque de moyens financiers. Est-ce que les développeurs ont joués à leur JV avant de le sortir ? C’est une question qui n’a pas arrêter de popper en tête tout au long de ma séance de torture, pardon de mon aventure dans Soulstice.

Ce que j’ai aimé :

  • Briar et Lute, aussi attachantes que badass
  • Une DA Dark fantasy de bon aloi
  • Le scénario, qui se laisse réellement suivre, jusqu’à sa scène finale qui laisse présager une suite…
Quand tu sais que le combat est renversé en ta faveur 😀

Ce que j’ai moins aimé :

  • … Par pitié Reply Game Studio, n’en faite pas, de suite, merci.
  • Sa durée de vie, 15 heures qui en paraissent 45
  • Sa caméra, autant en combats que dans les environnements, sous ecstasy
  • Ses combats, avec des ennemis (petits, moyens et boss) sous acide (faîtes tourner la prochaine fois au pire)
  • Ses niveaux et ses décors, répétitifs à souhaits
  • Une œuvre qui n’apporte rien à son genre ni à et son sujet

Son Appréciation

Jamais, en 7-8 ans d’écriture de tests, jamais je n’ai été aussi critique envers une œuvre et afin de bien comprendre l’ampleur du problème dont souffre Soulstice, je me dois de monter au créneau de la sorte. Oui, Soulstice à des qualités certaines, comme son duo de personnages principaux ou l’écriture de son scénario, voir même du respect et de l’amour indéniable qu’à le studio envers le genre qui a ériger Devil May Cry ou God Of War au rang de chef d’œuvres incontestés et incontestables. Sauf qu’à trop vouloir être respectueux, le studio est resté bloqué en 2005 alors qu’il aurait pu, sans aucun souci, relancer le genre pour des années et des années. Si, sur le papier, Soulstice est une déclaration d’amour pour le BTA d’antan, dans les faits, c’est juste un BTA de plus qui ne fait que réciter par cœur une leçon bancale, mal exécutée, qui résulte alors d’un mauvais moment à passer manette en main. Autant je suis chaud pour voir la suite des évènements, autant le studio se devra de se retrousser les manches pour non pas nous proposer une suite mais un pu***** de miracle parce qu’il y a énormément de boulots pour renverser une donne dans laquelle il s’est mit tout seul comme un grand. Les gars, vous m’avez eu une fois, malheur à moi, mais la seconde fois, je risque d’être sans pitié avec vous.

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