[Test] Saints Row (2022) : Pourquoi il en décevra plus d’un(e)

9 ans que la série ne s’était plus montrée (si on exclut le stand alone Gat Out Of Hell et le spin off Agents Of Mayhem) mais Volition revient sur le devant de la scène avec ce reboot de la saga initiée en 2006 en exclusivité sur Xbox 360. Adieu le ton loufoque des précédents épisodes, le studio décide de revenir sur une ambiance plus sérieuse. A tort ou à raison ? Je vais répondre, pour vous, à cette épineuse question.

Test réalisé à partir d’une version PS5 physique et commerciale proposée par Plaion Games que je remercie infiniment pour leur confiance.

Avant tout, sachez que je n’ai jamais joué à un seul opus de la saga. Je ne prendrais donc pas la peine de comparer, puisque je n’ai aucun point d’accroche avec le passé et le présent de la licence. Dans ce Saints Row « 2022 », sachez que vous vous incarnez vous même, homme ou femme, que vous créez vous même à l’aide d’un éditeur de personnages plutôt bien élaboré, nous permettant toute sorte de choix, qu’il soit « réaliste » ou alors plus barré.

Du côté du scénario, sachez que vous faites la rencontre de vos amis Kev, Neenah et Eli. Toutes et tous appartiennent à un gang qui souhaitent prendre le pouvoir dans la ville de Santo Ileso : Les Idoles, les Los Panteros et enfin une SMP (Société Militaire Privée) Marshall Defence Industries. Notre joyeux quatuor décidera de s’associer et de fonder un nouveau gang appelé les Saints. C’est ainsi que le jeu débute et c’est dans cette optique, de prendre le pouvoir en ville que l’intégralité des missions, qu’elles soient principales et secondaires, s’articuleront pendant une petite trentaine d’heures (environ).

En terme d’écriture, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de bien élaboré puisque tout est traité avec légèreté. Nous ne sommes pas ici pour réfléchir sur les questions qu’auraient pu soulever les propos du jeu et ce n’est pas ce qu’on lui demande. Cela se laisse suivre et cela s’arrête là. Nous sommes donc en présence d’un divertissement qui ne se prend pas la tête et qui essaye de nous divertir. Il le fait bien puisque j’estime avoir été diverti quand je pouvais avancer dans ma partie. Dans la forme, sachez que Saints Row ne propose rien de nouveau. Vous avez votre monde ouvert, vos quêtes principales, secondaires, vos défis et c’est tout. Pas plus, pas moins. L’exécution de ce schéma se fait en toute facilité et ne cherche en rien à nous mettre des bâtons dans les roues.

Du côté du monde ouvert en lui même, je le trouve relativement quelconque dans le sens où il propose ce qui se fait ailleurs. Des véhicules de toutes sorte pour se déplacer ou bien des points de téléportations (à trouver soi même) et c’est tout. Néanmoins, son charme et son ambiance fait qu’il se démarque de la concurrence, et assez souvent, je prenais le temps de faire le trajet en voiture plutôt que de me téléporter.

En ce concerne le contenu, sachez qu’il y a de quoi faire et qu’il s’articule toujours avec le même objectif : faire du pognon. En ce sens, sachez que vous aurez un certain nombre d’entreprises à acheter et faire fructifier afin d’engranger de l’argent nécessaire pour le reste de votre aventure. En ce sens, premier bémol : j’aurais aimé que notre argent passif, celui que l’on récolte à l’aide du chiffre d’affaire de toute nos entreprises se remplit automatiquement même quand la console est éteinte.

Manette en main, le gameplay nous demandera donc d’enchainer fusillades sur fusillades, dans des gunfights tantôt jouissif, tantôt répétitif. Néanmoins, j’ai trouvé qu’en fin de partie, grâce aux atouts qui se débloquent après avoir accompli un certain nombre de défis (tuer x perso, faire x kilomètres et ainsi de suite) nous permet d’être ultra puissant, encore plus, en sachant qu’on peut améliorer nos armes aux vendeurs d’armes. Une légère dimension RPG qui, bien utilisée, nous offre la joie de faire un joyeux bordel en sons et lumières, nous gratifiant de scènes ultra spectaculaire que ne renierait pas la saga Fast And Furious. Néanmoins, sur PS5, je suis un peu déçu de voir que la DualSense n’est pas utilisée à juste escient. De plus, comble du comble, les gâchettes adaptatives ont été purement et simplement désactivée, puisque entrainant une inversion de la visée (si, si).

Graphiquement parlant, j’écarte de suite la question, Saints Row ne tient que grâce à sa DA (Direction Artistique) puisque en terme de graphisme pur, il trahit tout simplement le manque évident de financement dans le projet. Nous sommes donc en présence d’un AA, ce qui n’est pas un crime bien entendu, mais j’ai vu énormément de bêtises, comme d’habitude me direz vous, sur les RS, comparer l’incomparable (au hasard : GTA V et ce Saints Row). En ce qui concerne la technique, j’ai essuyé toute sortes de bugs, du plus insignifiant au plus impactant. J’ai vu pire ailleurs mais il faut tout de même que je vous dise que sur plus de 30 heures, cela ne m’a pas beaucoup impacté négativement mon plaisir de jeu. Oui, j’aurais aimé que ce Saints Row sorte de façon propre et qu’il soit expurgé à sa sortie mais on ne peut pas tout avoir dans la vie…

Je finis sur la bande son et l’humour, qui vous propose une sélection bien senti de titre en tous genre, que ce soit electro, synthwave, classique, rap et même rock. En ce sens, petit coup de cœur pour la station de radio Nuclear Blast. Quant à l’humour de ce Saints Row, sachez que je suis une personne très compliquée sur une notion qui ne réunit pas tout le monde (on dit bien que l’on ne peut rire de tout avec personne, non ?). Sachez donc que la réputation de la saga vient donc de changer selon toute vraisemblance. Je n’ai rien noté de vraiment « choquant » et Saints Row proposera des moments bien sentis mais qui reste sage, bon enfant. Certain(e)s trouveront ça décevant, moi je n’en pense réellement pas grand chose. Je m’explique.

En 2022, il faut se faire à l’idée qu’un certain courant de pensée régit notre vie de tous les jours (encore que, ce ne soit pas tout à fait vrai). De ce fait, une industrie qui brasse des milliards de dollars à tout intérêt à proposer des œuvres édulcorées, qui plaira à un très grand nombre, plutôt qu’à une petite minorité précise. Ce qui est en soit est assez dommage puisque tour à tour, on peut voir que de plus en plus que ce genre d’œuvres, bien pensantes, se cassent littéralement la gueule. J’en prend pour preuve le fait que je ne soit pas du tout intéressé par les 2 séries de Prime et HBO : Le Seigneur des Anneaux, les Anneaux de Pouvoirs et Game Of Thrones House Of Dragons. De par le fait que ces 2 séries souffrent d’une publicité peu reluisante, cela ne me donne pas envie de leur donner la moindre chance que ce soit. De plus, je pense que je ne soit pas le seul à penser de cette manière, bien que je soit une autre minorité puisque 2 camps se font une « guerre » sur les RS. Ce constat rejoint celui que je fait de Saints Row. C’est un bon divertissement, expurgé de ce qui aurait pu lui offrir une personnalité à lui. En résulte alors une bonne production manquant cruellement de personnalité.

Enfin, mon avis sur ce Saints Row. Durant un peu plus d’une trentaine d’heures, Saints Row « 2022 » se révèle être un bon divertissement mais qui, 3 jours après l’avoir fini, est presque totalement oublié de mon côté. La faute vient du fait qu’il ne propose rien de nouveau dans son genre malgré une bonne exécution de son sujet. Je me suis effectivement régalé durant mes sessions de jeu et donc été diverti le temps que cela aura duré mais… Cela s’arrête là. Encore une fois, l’impression que je vais oublier un titre de plus se fait sentir, même si j’ai été « bien » servi. Comme une sorte de Mcdo vidéoludique, donc. C’est bon de temps en temps mais à force, je voudrait que l’industrie arrête de se reposer sur ses lauriers et propose des oeuvres ayant un peu plus… de Personnalité.

Ce que j’ai aimé :

  • L’éditeur de personnages, bien foutu
  • La station de radio Nuclear Blast
  • Une durée de vie appréciable (environ une trentaine d’heures pour voir la fin)
  • L’ambiance de Santo Ileso
  • Des fusillades jouissives en fin d’aventure…

Ce que j’ai moins aimé :

  • … Mais qui peuvent être parfois répétitives
  • J’aurais bien aimé un « vrai » mode photo
  • Beaucoup trop classique dans son exécution
  • J’aurais aussi aimé que notre argent passif augmente même quand la console est éteinte
  • Une œuvre édulcorée, sage, qui s’oublie très vite une fois bouclée

Son appréciation

J’étais venu chercher un divertissement sans prise de tête et je n’ai pas été déçu de mes attentes. Néanmoins, Saints Row 2022 manque cruellement de renouvellement dans son genre et surtout d’un certain grain de folie que le studio aurait donc supprimé des anciens opus. En résulte un monde ouvert qui s’apprécie par son ambiance et ses fusillades mais qui s’oubliera aussi vite à cause d’un manque cruel d’une vraie personnalité. J’ai passé un bon moment manette en main après le travail mais j’ai tôt fait de passer à autre chose.

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